4ème plus grande île du monde avec
ses 592 000 km², Madagascar se trouve dans les mêmes latitudes que
Bali, la Nouvelle Calédonie, Tahiti et Rio de Janeiro dans l'Hémisphère
Sud, Miami, La Havane, et les îles Hawaï dans l'Hémisphère Nord.
Ancrée à 400 km de la côte africaine, elle fait figure de géante à
côté de ses voisines de l'Océan Indien. Elle possède un littoral de
5000 km, avec une différence marquée entre la Côte Est offerte à la
houle de l'Océan, et la Côte Ouest plus sereine. Une
épine dorsale faite de hauts sommets la sépare en deux parties
dissymétriques : l'Est, pays des falaises surplombant une
bande littorale étroite où la forêt tropicale est omniprésente, et
le Versant Ouest incluant deux grands bassins
sédimentaires (Majunga et Morondava) et possédant de vastes plateaux
calcaires comme Bemaraha, ou gréseux comme l'Isalo. De
part et d'autre de la ligne de partage, les Hautes Terres sont un
enchevêtrement de reliefs souvent marqués par l'érosion.
Bien avant que les peuples du nord ne "découvrent" l'Océan Indien et
le Pacifique Sud, de hardis navigateurs sillonnaient
déjà régulièrement ces immensités. Leurs routes allaient de Hawaii
au Nord à la Nouvelle Zélande au Sud, de l'Ile de Pâques à
l'Est à la Côte africaine à l'Ouest avec escales pour certains,
terminus pour d'autres, à Madagascar. Leurs embarcations
étaient des variantes de la pirogue à balancier que l'on rencontre
aujourd'hui encore dans les deux océans, et à Madagascar
principalement chez les pêcheurs de Morondava et de Nosy Be. Leur
succédèrent des vagues de migrants traversant le Continent
africain, ce qui explique que la langue, la culture, les types
humains de l'île soient parentes à la fois de l'Asie et de
l'Afrique. Madagascar joua le rôle de creuset au fil des siècles.
Ainsi apparurent les grandes ethnies comme les Sakalava
"hommes de la petite vallée qui coupe la grande", les Merina "hommes
des hauteurs", les Antandroy "hommes qui habitent dans
les épines", ou autres Antaimoro "hommes qui habitent sur les rives".
Madagascar est reconnue comme étant un véritable musée vivant. Sa
nature se caractérise par un ensemble d'écosystèmes variés
abritant des espèces très particulières, dont le degré d'endémisme
est de 80 % pour la faune et de 90 % pour la flore. La
figure de proue de la flore est actuellement le Takhtajania, choisi
pour être l'emblème de Madagascar à l'Exposition
Universelle 2000 de Hanovre. C'est une plante qui existait déjà il y
a 120 millions d'années, et dont la redécouverte peut
faire faire à la botanique un pas de géant. Il ne fera néanmoins pas
oublier les quelques 1000 variétés d'orchidées de la
fôret tropicale, la végétation digne d'un monde imaginaire de Jules
Verne des bushes du Sud, les 7 variétés de baobab contre
une seule pour toutel'Afrique ou les mille et une autres fantaisies
de la nature comme le Népenthès carnivore dont le clapet
se referme sur l'insecte imprudent. Pour la faune, les lémuriens
sont les plus représentatifs de l'île. Leur taille va du
Microcèbe nocturne pas plus gros qu'une souris à l'Indri, aussi haut
qu'un garçonnet. Les caméléons sont parmi les plus beaux
du monde, ainsi que les papillons qui comptent la variété la plus
grande aujourd'hui connue, le Comète. Un voyage dans le
temps nous emmènerait vers l'Aepyornis dont les sables du Sud
gardent encore intacts les oeufs d'une capacité de 8 litres, ou
même les dinosaures dont les gisements malgaches recèlent des
fossiles admis comme parmi les plus anciens.
La population de Madagascar compte aujourd'hui environ 15 millions
de personnes. On parle souvent d'ethnies à propos des
peuples de Madagascar. Il s'agit toutefois d'une terminologie aussi
inadéquate que de parler en France d'ethnies pour les
bretons, les basques, les alsaciens ou les provençaux!
Chaque peuple de l'île a des traditions, une identité de groupe...
mais tous se considèrent comme Malagasy, et ont en commun
une même langue, parlée dans tout le pays. On peut ainsi considérer
18 peuples à Madagascar, dont le territoire correspond à
d'anciens royaumes plutôt qu'à des caractéristiques ethniques.
Cependant, certains groupes comme les Merina de la région
d'Antananarivo et les Betsileo de la région de Fianarantsoa,
montrent des traits à dominante indonésienne, tandis que
d'autres, comme les Sakalava de la côte Ouest, semblent proches des
peuples d'Afrique de l'Est.
L'écosystème corallien
Les récifs coralliens sont, avec la forêt pluviale, un des plus
riches écosystèmes de la planète. Ces récifs sont fortement
localisés à Madagascar et se rencontrent principalement sur la
façade occidentale de la Grande Île. D'Itampolo à Morombe,s'étend la seconde plus grande barrière de corail au monde après
celle d'Australie, formant un lagon de plusieurs centaines
de kilomètres de long. Des îlots coralliens et des récifs frangeants
se trouvent à Belo sur mer, aux îles Barren en face de Maintirano et dans l'archipel de
Nosy Be (Nosy Be, Tanikely, Mitsio,
Radama...). Sur la côte orientale, les récifs sont moins
nombreux et se limitent à quelques sites comme Foulpointe, l'Île
Sainte Marie et la presqu'île de Masoala.
Les récifs coralliens malgaches font partie des plus beaux sites de
plongée au monde et raviront les amateurs de plongée
sous marine et de snorkelling. De nombreux clubs de plongée se sont
implantés dans les sites touristiques de l'île, offrant
aux visiteurs la possibilité d'admirer ce fabuleux environnement
marin et de nager en apnée ou avec bouteille au milieu d'une
multitude de coraux et de poissons multicolores. En effet, dans un
paysage corallien aux formes variées (tabulaires, branchues,
gorgones, draperies...), évoluent poissons aux couleurs
vives et aux noms exotiques : clowns, papillons, perroquets,
mérous, balistes, licornes, lunes, napoléons,
archers,
anges, chirurgiens... Ces récifs abritent également des
espèces remarquables comme les raies mantas, les requins nourrices (inoffensifs)
et plusieurs espèces de tortues marines,
qu'il est aisé d'observer à Madagascar.
Au delà des récifs, les plongeurs les plus avertis, seront attirés
par les requins à pointe blanche et noir (rarement
agressifs pour l'homme) qui viennent par centaines, attirés par la
profusion de nourriture qu'offrent ces récifs coralliens
ou encore par les baleines et les dauphins. Il est à noter également
que Madagascar est le seul endroit au monde, où il est
fréquent de rencontrer des requins baleines. A Nosy Be, des clubs
organisent des plongées à la rencontre de ce poisson
inoffensif, le plus grand de la planète. Les amateurs de coquillages
trouveront de magnifiques spécimens le long des plages
ou pourront acheter casques rouges, tritons, oreilles d'éléphants,
porcelaines et coraux dans le plus important marché de
coquillages de La Grande Île, à Tuléar.
Enfin, l'abondance, dans les tombants, de carangues, de
thons, de
barracudas, de requins marteaux et surtout d'espadons et de
marlins fera la joie des amoureux de la pêche au gros.
Parc National de Ranomafana
Au pays des brumes
Situé à 60 km de Fianarantsoa sur la route de Mananjary après une
dernière descente en lacets, le Parc National de Ranomafana
s’étend sur 41.000 ha de forêt humide avec des collines aux pentes
abruptes et quelquefois une réminiscence de la falaise Betsimisaraka. L’altitude varie de 600 à 1.417 m avec des
températures allant de -1° à 30°C. Le climat humide et arrosé est
propice au développement des cours d’eau tels la Namorona qui
alimente la seule centrale hydroélectrique du Sud malgache. Ce
fleuve au niveau de Vohiparara n’est encore qu’une rivière
tranquille invitant à la baignade, deux kilomètres plus bas elle
se transforme en une succession de chute sur plus de dix kilomètres.
Le Parc est ouvert toute l’année. A éviter toutefois la
période des grosses pluies de septembre à novembre.
La forêt du Parc National de Ranomafana est l’unique endroit où on a
découvert en 1986, l’Hapalémur doré lequel partage son
territoire avec le Grand Hapalèmur (Hapalemur simus). L’avifaune est
importante avec 118 espèces d’oiseaux dont certaines
sont rares et endémiques au Parc. Leur répartition géographique est
restreinte, ce qui à permis de monter un circuit
ornithologique animé en permanence par le chant des Couas, des Ibis et
Rolliers. A l’Ecomusée qui est le Centre
d’Interprétation Environnemental du Parc, le visiteur peut apprendre
à dominer sa peur des serpents en prenant dans ses bras
le placide boa malgache!
Le Parc National de Ranomafana présente comme toutes les forêts de
montagne une superposition d’essences variées selon
l’altitude. La forêt primaire intacte est riche en Apocynaceae,
Euphorbaceae et autres Rubiaceae. La forêt secondaire par
contre est dominée par les fougères Psidium. Les épiphytes sont
nombreux et ont fait la renommée du Parc.
Parc National d 'Andohahela
Au pays des contrastes Andohahela est le lauréat du Trophée Loutre D'Argent du World Travel
Market 99 de Londres, qui récompense le meilleur projet
de conservation intégrant la population riveraine. Composé de hauts
massifs cristallins, il possède cinq sommets dépassant
les 1.500 m. Des rivières telles la Manambolo, le Mandrare, la
Manampanihy et l’Andriambe y prennent leur source. Le Parc
National d’Andohahela est accessible toute l’année depuis Fort
Dauphin à 60 km.
La faune est constituée d'animaux des quatre horizons de l’île.
Ainsi s’y rencontrent le Microcèbe murinus typique de la
forêt de l’Est, le petit carnivore Eupleres goudotti dont la zone de
prédilection est plutôt la Montagne d’Ambre, la Tortue
Radiée et le Menarana, serpent du nom de Pyxis arachnoides qui eux
sont bien du Sud. Andohahela constitue un passage entre le monde humide de l’Est et
celui sec du Sud.
Dans les vallées à pente douce de basse altitude, se développe une
forêt de 25 à 30m de hauteur, avec la particularité
d’avoir des feuilles à cuticule épaisse signe de la proximité de
zones de sécheresse. Cette forme d’adaptation ne se retrouve
nulle part ailleurs dans les autres forêts humides malgaches. Les
palmiers comme les Chrysalidocarpus sont des essences
fréquentes. Jouant le rôle de tampon entre le sec et l’humide, une
forêt située sur le versant ouest à pluviomètrie moindre
est constituée des mêmes arbres mais de taille sensiblement réduite,
avec apparition de quelques espèces crassulescentes à
base d’Euphorbes.
Les formations de bush à épineux d’Andohahela sont riches en
Alluaudia procera, Alluaudia dumosa ou ascendens. Le long des
cours d’eau ou des dépressions, la forêt est dominée par les Tamariniers, les
Acacias et les Violacées.
Le Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza
Un oasis dans la ville,
Le Parc possède deux lacs artificiels. Le premier est parsemé d’îlots
permettant de voir en semi captivité des lémuriens tels le Lemur catta ou le
Lemur fulvus. Le deuxième sert de refuge
aux Hérons de toutes sortes, et jamais semble-t-il un lac
ne fut aussi poissonneux que celui-ci. Dans les cages disposées en
auréoles, d’autres espèces de lémuriens tel que le Aye aye
sont visibles. Dans sa partie non couverte réservé aux reptiles , le
visiteur remarquera le Crocodile du Nil et les grosses
tortues centenaires. Le couple de Pygargue de Madagascar ou
Ankoay
se tient immobile impassible aux allées et venues des
gens. Chez les mammifères, les petits carnivores comme le rare
Euplère de Goudot (Eupleres goudodii) et le Tenrec zigzaguent
dans leurs cages. Au vivarium, plusieurs espèces de serpents les
plus représentatifs de Madagascar offrent un spectacle
insolite si l’arrivée du visiteur coïncide avec l’heure des repas.
Le véritable trésor du Parc Botanique et Zoologique de
Tsimbazaza
est sa section de Paléontologie et d’Ethnologie. Des
squelettes d’animaux aujourd’hui fossilisés y sont exposées au
public. Le visiteur peut admirer le seul oiseau géant de Madagascar, l’Aépyornis avec son oeuf de 7 litres, l’hippopotame
nain, le Megaladapis grandidieri espèce subfossile de Lémurien du sud rappelant curieusement par sa forme et sa taille un
énorme chien, et autres ossements de dinosaures. La
partie Ethnologie présente la Civilisation malgache et son art de
vivre au quotidien.
Station Forestière de Manjakatompo
Au pays de la truite,
Située à 17 km à l'Ouest d'Ambatolampy qui borde la RN7 entre la
Capitale et Antsirabe, la station forestière de Manjakatompo
fait partie d'un Site d'Intérêt Biologique. Dans un cadre enchanteur
de montagne à plus de 2.000m d’altitude, la station de
8.320 ha est facilement accessible malgré un relief de faille très
accidenté. Le réseau hydrographique de cours d'eau clairs,
rapides et froids explique la mise en place à Manjakatompo de l'unique
centre piscicole de truites de Madagascar. Région
froide, la température y oscille entre 5° et 10°C. L’ascension du Tsiafajavona se fait avec un guide local à contacter à Ambatolampy ou au niveau de la station forestière. Des adeptes des
cultes traditionnels s’y réunissent à certaines époques de
l’année pour des rites et sacrifices.La chasse est interdite à
Manjakatompo.
Avec la rudesse du climat et la spécificité de la végétation, les
mammifères sont peu nombreux avec seulement deux espèces.
L’avifaune est présente par 38 espèces d’oiseaux comprenant des merles de roche, des
petits fodyrouges et des pigeons
sauvages. L'herpétofaune compense le manque de mammifères avec 14
espèces dont un beau caméléon multicolore au long nez ou
les grenouilles qui ont fait la renommée d'un restaurant d'Ambatolampy.
La station forestière est couverte de 650 ha de forêt naturelle et
2.300 ha de reboisement à dominante de pins.
Parc Nationald'Andringitra
Au pays des nuages éternels,
Inauguré le 6 octobre 1999, Andringitra est le dernier né du Réseau
de Parcs et Réserves de Madagascar. Son entrée située à
97 km de Fianarantsoa dans la vallée de Namoly offre déjà une vue
impressionnante sur le massif dont le point culminant le
pic Boby est le deuxième sommet de Madagascar (2658 m). Il est réputé pour sa couronne de nuages persistante même quand les
alentours resplendissent d’un soleil radieux.
Le Parc d’une superficie de 31.160 ha repose sur un socle de roche
cristalline, de grès et de granit. 40 km de pistes sont
aménagées à l'intérieur du parc permettant d'observer une large
diversité d'écosystème allant de la forêt pluviale de basse
altitude aux prairies de hautes montagnes. Il recèle plusieurs sites
historiques comme la grotte d'Amindrarivo ayant servi de
refuge aux Bara et Betsileo lors de leur guerre contre la royauté Merina vers 1860. Autour des pics, les températures d'hiver
sont uniques à Madagascar (un record de -8°C y a déjà été enregistré)
et les précipitations de bruines fines sont fréquentes.
Le Parc est ouvert toute l’année
Selon la légende, tous les oiseaux de Madagascar se donnent
régulièrement rendez-vous dans un endroit mythique nommé Amboromena. Probablement séduites par le lieu, 75 espèces ont élu
domicile dans le parc comme l'endémique Rollier terrestre
Atelonis et le Faux Soimanga de Salomonsen avec son long bec
recourbé ou le petit Fody dont le plumage vire au rouge vif en
période des amours de novembre à mars. Pour les lémuriens, le
petit Microcèbe, le Lemur catta, le Lemur fulvus d'un roux
brillant ainsi que quatre autres espèces gambadent en toute liberté
dans les forêts ou sur les rochers. Un guide
particulièrement minutieux a reçu le Golden Ark Award des mains du
Prince Bernhard des Pays Bas au début de l’année 1998 pour
avoir réussi à identifier une nouvelle espèce de fourmis endémiques.
L’Andringitra héberge également 14 espèces de batraciens
sur les 32 recensés à Madagascar.
La végétation du Parc National de l’Andringitra est tributaire de l'orientation
du versant , de l'altitude, des climats ainsi
que des types de sols. Le massif de l’Andringitra abrite de précieux
vestiges de la forêt primaire de l’Est.
Entre 700 - 800 m, une forêt pluviale de basse altitude à arbres de
petites tailles se développe sous une frange de forêt à
feuilles dures résistant à la sécheresse de l'hiver, comme l’Aloe d'Andringitra.
En s'approchant du sommet et sous l’effet du
froid, la savane herbeuse et les prairies naturelles prennent
possession des pentes raides et inaccessibles. Si la partie
nord du parc parait monotone, elle n’en est pas moins riche en
orchidées terrestres aux formes et couleurs variées.